Albertine, artiste et illustratrice suisse, est née à Genève en 1967. Après ses études, elle a enseigné plusieurs années la sérigraphie et le dessin à la haute école d’art et de design à Genève.
Ses albums pour le jeunesse – le plus souvent écrits par Germano Zullo, son compagnon – sont principalement édités par la Joie de Lire. Ses dessins, peintures, sérigraphies, livres d’artiste font régulièrement l’objet d’expositions dans des galeries et musées.
Parmi ses nombreux livres, Les oiseaux (2010) a reçu le prix Sorcières en 2011, Mon tout petit (2015), le 1er prix à la Foire de Bologne en 2016. Et l’ensemble de son œuvre a été couronnée par le prestigieux Prix H.C Andersen en 2020.
Il est compliqué de remonter jusqu’à l’origine, de retrouver le point initial, le départ de son trait, ce fil limpide, le plus souvent tracé au Rotring, fragile, même quand parfois un crayon gras, une plume ou un pinceau prennent le relais. Fragile, parce que le trait reste constamment suspendu en équilibre très loin au-dessus du vide formé par la feuille de papier. Les couleurs, quand elles décident de figurer, sont toujours d’une étonnante évidence et atténuent volontiers cet espace abyssal. Albertine ne trébuche pas. Il émane de son geste, précis, délicat et léger, un indicible sentiment de fraîcheur.
Cette apparente facilité ne doit pas occulter la lente et fascinante métamorphose qu’Albertine fait subir à son trait. Elle ne l’abandonne jamais. Elle n’opère aucune cassure. Le trait se nourrit de l’expérience passée, il mûrit avec le temps et au gré des courbes, il s’adapte avec naturel au sujet présent ; ainsi, un dessin ne doit jamais ressembler aux précédents, il s’efforce cependant de tous les contenir.
Si les techniques utilisées sont nombreuses, sa thématique reste constante : la captation d’instants vécus, la photographie en quelque sorte de sentiments et de sensations sous la forme de portraits. Des individus représentés seuls, en couple, en famille ou en groupe. Les intentions tendent toujours vers une certaine quête de l’harmonie aussi bien dans la composition du sujet que dans les couleurs qui le définissent. C’est aussi dans ce sens qu’il faut comprendre la notion d’épuisement contenue dans ses séries. La volonté de valider, de posséder, d’absorber.
Enfin et surtout, un dessin d’Albertine raconte toujours une histoire.
GERMANO ZULLO
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de l’artiste : https://www.albertine.ch
et celui de son éditeur, la Joie de Lire : https://www.lajoiedelire.ch/auteurs/albertine/





