« Longtemps, Jennifer Dalrymple a cherché qui elle était. Une mère française, un père américain, un nom écossais, de probables ancêtres indiens algonquins, et comme premier amour, à 15 ans, un sexy « Guerrier gaulois blessé » dont la reproduction trônait au-dessus de son lit et qui l’avait poussée à entreprendre des études d’archéologie… Ca n’aidait pas se fixer. A la caisse des Galeries Lafayette, elle avait appris qu’elle n’aimait pas travailler. A la fac d’arts plastiques, elle avait découvert qu’elle détestait dessiner le jambon-beurre du prof et les coquilles d’escargots. Dans les agences de mannequins où sa haute taille et sa « gueule » pittoresque l’avaient menée, elle avait compris qu’elle adorait manger, marcher et rigoler, choses qui donnent de bonnes joues, des mollets ronds et des rides au coin des yeux – par conséquent strictement interdites aux mannequins. Qu’allait-elle devenir ? Un jour, dans le métro, son stylo se mit écrire tout seul. C’étaient des jeux, des aventures, des souvenirs d’enfance. Jennifer les agrémenta de petits personnages, de troncs d’arbres, d’animaux, de tout ce qu’elle aimait dessiner. Elle fit un bon repas, elle rit aux éclats et elle marcha à grands pas dans la rue de « L’Ecole des Loisirs » où elle rencontra Michel Gay qui lui indiqua l’entrée des artistes. Emmitouflée dans son vieux chandail gris rapiécé fétiche qu’elle appelle son « saint François », elle affine, sur le tas, sans un seul diplôme en poche, son trait simple et coloré. Inspirée par Rabelais, son styliste préféré, elle écrit au fil de la plume des histoires de chèvres et de choux qui ne ménagent personne, des fables qui parlent de tolérance, de connaissance, de respect de la vie et de la course des saisons… » ( sophie Chérer – L’album des albums – l’école des loisirs )
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