Angeli May

May Angeli est née à Clichy en 1937.

Après des études à l’École des Métiers d’Art, puis à l’École Estienne, elle  publie son premier livre – Christine et François – aux Editions La Farandole en 1961, et collabore également avec le Père Castor.  Au début des années 1980, lors d’un séjour en Tunisie, May Angeli rencontre un graveur sur bois qui lui fait découvrir sa technique ; De retour à Paris, elle se perfectionne à l’ADAC  puis à l’Université d’été d’Urbino en Italie.

Dès lors May Angeli privilégie la gravure sur bois dans ses livres pour la jeunesse comme dans ses livres d’artiste, et son travail connait un vrai tournant en 1992 avec la publication  des «Histoires comme ça» de Ruydard Kipling aux éditions du Sorbier, toutes réunies en un volume en 2008. Le monde animalier n’a pas de secret pour elle, et elle « croque » volontiers petites et grosses bêtes dans ses nombreux carnets, avec une prédilection des années durant pour ceux du Parc Zoologique où elle se rend régulièrement. 

Hormis quelques grands classiques ( Kipling, Jules Verne)  May Angeli  écrit la plupart des histoires qu’elle illustre et a publié depuis ses débuts une centaine d’albums chez différents éditeurs. Faisant suite à la Farandole et au Père Castor, Le Sorbier, Thierry Magnier, le Seuil Jeunesse, la Joie de Lire, Didier, Les Elephants.

May Angeli, je l’ai rencontrée au détour de Kipling, sur les bords du fleuve Limpopo. Femme engagée, généreuse, ouverte sur le monde et les autres. Artiste sensible dont les grands fonds secrets nourrissent ses croquis, d’où elle puise des images qu’elle grave « à la force du burin » tel un artisan à son métier. Ecrivaine subtile dont la saveur des mots invite à la dégustation, emmenant le jeune lecteur à prendre sa part de rêve …  ( MTD, préface à « images-images », l’Art à la Page, 2006) 

May Angeli, graver :

Pour moi, graver, c’est un plaisir du geste. ;

C’est aussi posséder la maîtrise d’un outil , savoir entailler le bois et arrêter son geste juste au bon endroit, enlever les morceaux inutiles pour ne garder que les bons, ceux qui serviront à l’impression, sentir son odeur, celle de l’encre, ne jamais savoir exactement ce que l’on va découvrir à l’impression, en retournant le papier ….

J’ai toujours été émerveillée par la dextérité des artisans ( le potier qui monte sa pièce, le pêcheur qui ramasse ses filets ..). et par tout ce qui appartient à ces pratiques d’un travail manuel . Et dans la gravure, je retrouve l’excitation intellectuelle de la création, jumelée avec l’aisance que possède l’artisan dans la pratique de son métier.