Stevenson James

James Stevenson (1927, New York – Greenwich 2017) a passé son enfance dans plusieurs petites villes au nord de New York. Il aimait lire des bandes dessinées, écouter la radio et aller au cinéma. Il crée ses premiers cartoons alors qu’il est encore étudiant en anglais à l’Université de Yale. Au milieu des années 50, il entre au service artistique du « New Yorker ». Ses histoires mettent souvent en scène un grand-père au ton flegmatique et aux moustaches rassurantes qui narre, à ses deux petits-enfants, ses aventures rocambolesques de gamin, leur faisant ainsi oublier leurs soucis d’aujourd’hui. Il avait un grand plaisir, dans les albums, à tisser images et mots ou à ne s’appuyer, dans son récit que sur les images. 

Ecoutons Sophie Chérer nous parler du bonheur de lire tous les albums savoureux de James Stevenson.

« C’ETAIT PIRE AVANT ! Tout le monde rêve d’avoir un grand-père flegmatique et malicieux, aux grands yeux attentifs, à la moustache aussi blanche que de la crème Chantilly, qui ne nous répète pas à longueur de journée que de son temps, c’était mieux, ni que tout fout l’camp, ni que celui qui n’a pas connu son époque ne connaît rien de la vie, mais qu’au contraire, c’était PIRE avant, et qui nous fasse « connaître notre bonheur ». Ce grand-père idéal existe. On le rencontre dans la plupart des albums de James Stevenson. L’histoire commence toujours de la même façon. Grand-Père prend des nouvelles de ses deux petits-enfants, Marie-Anne et Louis : «Comment s’est passé ce premier jour de classe ?», ou «Heureux de voir la neige ?» ou bien «Alors on s’amuse ? On profite de la pluie ?» ou encore «Comment trouvez-vous votre nouveau quartier ?» Et invariablement, les enfants consternés répondent que NON, pas du tout, ça va très mal, ils sont malheureux, frigorifiés, tout seuls sans aucun ami, ou qu’ils en ont marre de la pluie. Alors le Grand-Père se met à leur raconter que quand il avait leur âge, l’école tait effrayante, le maître était un monstre, le nouveau quartier était laid et hostile, la pluie diluvienne inondait jusqu’au grenier, et que pendant l’hiver 1908, même les bains chauds se mettaient à geler dans les baignoires… Et l’histoire se déroule sous forme d’une bande dessinée, pleine de bulles et d’onomatopées gigantesques, dont les héros, Grand-Père et son petit frère Oncle Eddie, ont des bouilles de bébés avec des petites moustaches noires. Il leur arrive les pires catastrophes, vraiment, mais tout s’arrange… »... Sophie Chérer. Extrait de L’Album des Albums, l’école des loisirs, 1997.

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