Julie Safirstein est une artiste visuelle, née en 1977. Elle est Diplômée de l’Institut Supérieur des Arts Appliqués de Paris en graphisme & illustration et de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille, section peinture.
Son travail s’articule autour de la couleur et se développe dans différents champs : peintures, éditions, design d’objets et scénographies. Nombre de ses œuvres jouent sur la frontière mouvante de la perception : selon le point de vue ou l’éclairage, ce que l’on voit change, fluctue. C’est tout un espace poétique qui s’ouvre ainsi au petit lecteur.
Pour en savoir plus : https://www.juliesafirstein.com/
- photo de l’artiste : Éditions des Grandes Personnes © Maurizio Pighizzini
Les albums
Article

Éditions Les Grandes Personnes, aout 2026
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Une paréidolie est cette capacité à distinguer des formes claires sur des supports inattendus tels sur les nuages, des rochers, des taches, des traces.
Dans l’album éponyme de Julie Safirstein les couleurs semblent être épandues sur la page comme des taches ou des coulures nées d’un geste non maitrisé et qui se seraient propagées sur le papier. Il n’en est rien bien entendu, car ici tout est combinatoire.
Livre d’artiste et livre jeu, sur les sept doubles pages, comme les sept jours de la création du monde, naissent par rencontre et recouvrement des formes de pure couleur dont on perçoit le potentiel à se métamorphoser. Album ludique, on cherche dans l’abstraction des figures familières, on reconnait le petit point de l’œil qui peut tout aussi bien figurer un astre, le rond de l’ADN ou le plein et le vide. Les formes se chevauchent, se superposent. Embossées ou vernissées à leur point de rencontre, elles donnent naissance ici à un poisson, là à un oiseau. Car dans Paréidolie, lire c’est tout autant regarder, deviner, toucher, éprouver, convoquer ses autres sens, s’amuser.
Comme chaque œuvre de l’artiste, « Paréidolie » s’inscrit dans une recherche artistique plus vaste où la couleur et le mouvement sont au cœur de l’œuvre. Je pense aux «Poésies dessinées» (Maeght éditions) , ainsi qu’à « Le Jour la nuit tout autour » (Hélium éditions), premières publications inscrivant déjà formes colorées et poésie dans l’espace ; mais surtout je me réfère à ses travaux artistiques sur la lumière débutés avec les halos colorés des «Lux» rhizomiques, appels à l’infinitude ; je pense à l’exploration cosmogonique de la «Forêt lunaire» réalisée pour Hermès-Paris Sèvres, aux éclosions volumétriques de «Bloom» et «Village» (éd du Livre), …
Une recherche qui s’énonce par œuvres diversifiées mais toutes inscrites dans une continuité «définitivement inachevée» pour reprendre les mots des artistes et des poètes.
Francine Foulquier pour Le Lab’Albums, aout 2026

