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Ecoutons les éditions Six citrons acides nous parler de leur coup de coeur pour ce magnifique album.
« Écoute-moi quand je garde le silence, et tu l’entendras. » C’est la beauté et la puissance de l’inexprimable que raconte cet ours irrésistible.
Dix-huit mois d’attente pour publier ENFIN ce livre- pépite, dénichée in-extremis, à la fin d’une journée à sillonner parmi des dizaines de milliers d’ouvrages lors de la foire du livre de Bologne. Cet ours saura s’imposer au milieu de la profusion actuelle. GRAOU ! Le silence : un sujet abordé ici avec toute la subtilité que nous offre la langue Bulgare. Elle contient deux mots distincts, pour deux silence différents : le silence qu’on entend et celui qu’on exprime.
La quintessence de ce que peut publier Six citrons acides, quand les mots trouvent leur place dans les interstices des images.Un coup de coeur que nous partageons dans notre rubrique du même nom !
Chéri par les un·es, angoissant pour les autres, le silence est une expérience que l’on appréhende différemment selon ce qu’il évoque en nous. Souvent présenté comme un vide (l’absence de parole) ou un néant (l’absence de bruit), il est pourtant porteur d’une multitude de nuances, de respirations, de murmures subtils que l’on ne sait plus écouter. D’ailleurs, cet album – illustré en noir et blanc avec beaucoup de finesse, où onirisme et paisibilité s’entremêlent – précise que la langue bulgare opère la différence entre le silence qui est l’absence de bruit et le silence qui est l’absence de paroles, grâce à deux termes distincts, quand la langue française n’en a qu’un seul. La phrase « Écoute-moi quand je garde le silence » prononcée par l’ours contient dès lors la substantifique moelle du message que les artistes souhaitent faire passer. Ils invitent par là-même, en effet, les jeunes lecteur·rices à une exploration profonde du silence et rappellent alors que l’absence de parole est parfois beaucoup plus porteuse de sens qu’on ne le croit. Ainsi, à travers l’histoire d’un ours, l’album nous montre que le silence n’est pas seulement l’absence de bruit, mais qu’il devient un espace riche en émotions, en pensées et en sensations. C’est donc avec une sensibilité et une subtilité sans pareilles, tant sur le fond que sur la forme, que l’album convie, en filigrane, ses lecteur·rices à être attentif·ves au silence des enfants, devenant un langage à part entière. ( in La mare aux mots )
Quand je garde le silence © Zlatkov, six citrons acides, 2024
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Feuilleter quelques pages de l’album « Quand je garde le silence «