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Un monologue en 7 tableaux qui retraverse l’histoire sensible et universelle de la transformation d’un être de « vilain canard » à « grand cygne ».
Un chemin vers la grâce semé d’embûches, de contrariétés, de découragements, de bienveillance, de découvertes et d’éblouissements, de choix, qui permettent de trouver sa place.
Ramona Badescu est sans conteste une écrivaine. Elle le démontrait déjà avec la série Pomelo, les histoires du petit éléphant rose aux questions si profondes, ainsi qu’avec les romans Le Bal d’automne et Tristesse et Chèvrefeuille, Derrière la brume, Jours colorés (éditions Albin Michel jeunesse). L’unité de l’oeuvre que construit Ramona Badescu, album après album, se confirme avec Moi canard s’il en était besoin.
Conte, récit initiatique, poème, pièce de théâtre, Moi canard est tout cela à la fois et bien plus, et une libre variation du Vilain petit canard d’Andersen. Ramona Badescu suit la structure du conte, mais « par le pouvoir des mots » restitue la quête du personnage, sa lente métamorphose identitaire, «son chemin vers la grâce » écrit justement l’éditeur, au sein d’une nature à hauteur de caneton.
L’écriture de Moi Canard est subtile, sans artifice, poétique. Sous une apparente légèreté tout est profondeur, d’une telle densité que l’on reste coi après la lecture, tout dépité d’avoir déjà terminé.
« Quand je parle de moi je parle de vous » écrivait Victor Hugo, « Ah! Insensé qui croit que je ne suis pas toi ». Composé de sept tableaux, le récit est un monologue étonnant. Monologue ? Pas si sûr ! Le livre est ainsi structuré que texte et images se succèdent à tour de rôle sur la scène que constitue le livre, développant leur discours indépendamment, et permettant ainsi de faire une double lecture du récit.
Merveilleuses images de Fanny Dreyer. Entre herbier, carnet d’artiste, palette de peintre, tableaux, les images aussi expriment la quête, la recherche. Les teintes toutes de transparence aqueuse se superposent, ajoutent du pluriel autant que de la fragilité. Avec l’idée du carnet, du «work in progress», des peintures simplement déposées sur la page blanche telles une collecte d’instants chapardés au vivant, aucune place n’est faite au pathos. Moi Canard, une expérience littéraire et artistique singulière. ( texte Francine Foulquier )
images Moi canard© Fanny Dreyer,éditions Cambourakis, 2016



